Débarquement en Islande et la première panne

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Jour 7, 2009.07.16

Après le débarquement, nous avons hâte de prendre la route. Ce ne sera pas sans pépins. D’abord nous apprenons à connaître la poussière volcanique, notre fils remplira ses bottes d’eau de mer au premier arrêt et pour finir nous avons une petite panne qui aurait pu nous immobiliser pendant plusieurs jours.

Route: Seyðisfjörður – 93 – Egilstaðir – 95 – Bugar – piste 939 – Berufjörður – Selvík – Strandarháls – piste 980 – Ytri-Járnhnaus – 980 – Strandarháls – 1 – Skarðstindur – piste – Stokksnes – piste Skarðstindur – 1 – Hólar – 99 – Höfn.

  • Les routes 93, 95 et 99 sont goudronnées.
  • La piste 939 est non-couverte mais en bon état, par temps sec beaucoup de poussière fine, par temps humide cette poussière colle à la voiture.
  • La piste 980 est chaotique, passe et passe sur des rochers, des petits gués sont à passer au début.
  • La route vers Stokksnes est composé de sable volcanique et de tôle ondulé très prononcée.

Arrivée à Seyðisfjörður

La météo islandaise nous accueille, mais il ne pleut pas, c’est déjà ça de gagné. Au fond du fjord, les nuages sont un peu plus élevés.

Le Cap Dalatangi sur le rive sud du Seyðisfjörður

Seyðisfjörður et le village du même nom

Seyðisfjörður est le port d’arrivé du ferry dans les fjords de l’est. C’est un petit village et comme dans tous les petits villages, il ne s’y passe rien, sauf le jour du débarquement du ferry il y a grand bouchon. On nous laisse passer aux douanes, avec un gosse au fond c’est toujours plus facile, de plus le Berlingo est petit.

Il y a des limites pour importer des vivres (frais et conserves). En gros on peut prendre des réserves de cinq jours avec, mais pas au-delà. La file de véhicules qui sort du navire doit passer les douanes et environ une voiture sur 15 est prié de se faire fouiller. Ce sont de préférence les vans pas tout neufs allemands qui se font vérifier. Les amandes sont conséquentes et surtout tout les aliments sont confisqués!

Une longue file de véhicule sort du Norröna.

Route vers Berufjörður

Il n’y a rien à voir à Seyðisfjörður et même pas grand chose à acheter, on enfile donc la route circulaire vers le sud-ouest et nous tombons directement sur une piste non goudronnée (la 939). Nous faisons notre première expérience de conduite dans la poussière volcanique. Le Berlingo est beige, alors ça va, on ne voit pas trop la différence. De plus, nous n’avons plus besoin de vitres teintés.

Il reste des névés, mais nous ne serons jamais embêtes par de la vielle neige, toutes les routes sont ouvertes mi-juillet.

Restes de neige sur le Col Öxi

Cascade basse sur la rivière Berufjarðara à Beitivellir

Plage de Teigarhorn sur le Berufjörður entre les caps de Cap Gamlabæjartangi et Eyfreyjunestangi

Pause sur la plage de Selvík

Nous faisons notre première pause sur la première plage de sable noir que nous voyons. Le problème du pays n’est pas la pluie, elle s’arrête parfois. Par contre, le vent est permanent. Une forêt protégerait du vent, mais il n’y en a plus, elle a été rodé au Moyen-Âge et la situation est perpétuée par le pâturage des moutons. Des falaises peuvent aussi servir d’abri au vent, mais en général il n’y en a qu’en bord de mer.

Rocher Fauskaklettar dans la baie Selvík

Écume blanche sur le sable noir. Photo: Alex Medwedeff

Début de la piste 980 vers Kollumúli et la rivière Jökulsá í Lóni

Nous tentons une petite excursion dans l’arrière pays pour aller voir un cours d’eau en tresses. Je retrouve un paysage que je ne connaissais que du Canada.

Le panneau précise 4×4 “conseillé” (“torleiði”, donc non obligatoire). Cela signifie que l’on passe en général avec une voiture 4×2, bien sûr au pas, à vue et uniquement par temps sec. Le défaut majeur de toutes ces routes est que l’on ne peut faire demi-tour que très rarement. En cas de voitures en face, il faut savoir rouler en marche arrière sur des routes sinueuses.

Panneau vers Kollumúli

Rpute 980 au bord de la rivière Jökulsá í Lóni

Alex à l’abri du vent et le Jökulsársandur près de Járnhnaus

Montagne de rhyolite au bord de la rivière Jökulsá í Lóni près de Ranar

Panne au Cap Stokksnes

Nous continuons sur la côte sud et sortons sur un cul-de-sac pour aller voir un phare, mais c’est une zone militaire et l’accès n’est possible qu’à pied. Ce premier jour nous sommes encore trop sensibles au vent et nous résignons d’y aller à pied.

Les vues sont quand même très belles.

Massif du Klifatindur

Au retour vers la route principale, nous repassons sur la piste sableuse avec de la tôle ondulée en ligne droite. Connaissant cela d’Afrique du Nord, je savais que l’on roule plus tranquillement au-delà de 60km/h, parce qu’on saute par dessus les petites bosses. Mais vers 55km/h, lorsque la voiture saute au plus fort avant de se stabiliser, un gros voyant rouge s’allume sur le tableau de bord. Nous nous arrêtons avec encore plus de secousses et en ouvrant le capot, je découvre du liquide de refroidissement un peu partout dans le compartiment moteur.

La purge d’air, dans une partie en plastique en hauteur, s’est cassée par le cognement répété de la protection sonore sur le moteur. Il s’agit d’une pièce parfaitement inutile sur ce véhicule, tout comme celle du bas. J’ai essayé de boucher le trou avec les moyens du bord, mais la pièce était fissurée sur toute la longueur.

Camping et secours à Höfn

Nous continuons donc de rouler molo sur les 12km qui nous séparent d’une village Höfn et c’est une vraie chance dans ce pays. Il fait froid et le route est plate, le moteur ne chauffe pas, même  sans liquide de refroidissement. Nous visons un garage et je crains le pire avec notre Citroën qui est une marque rarissime dans ce pays. Peu avant la fermeture, le garagiste téléphone 30min, mais bon il fait qu’il papote avec tout le monde, ils sont tous plus ou moins de la même famille en Islande. Je ne comprends bien sûr rien à ce qu’il dit, mais lorsqu’il raccroche, il précise en anglais qu’il y a deux pièces correspondantes à Reykjavík, il dit que la commune utilise quelques Berlingos.

Reykjavík est à 450km de route! Je désespère, mais le garagiste précise que l’avion postal fait le tour de l’île tous les jours et qu’il fait escale à Höfn vers 8h30 du matin. Les frais de transport sont négligeables, mais il faut trouver quelqu’un qui apporte la pièce à l’aéroport à Reykjavík et quelqu’un qui aille la chercher à l’arrivée à l’aéroport de Hofn. Le garagiste dit qu’il organise tout ça. je peux me reposer au camping, autre aubaine, c’est un village avec un peu d’infrastructures.

André le soir au Camping de Höfn quand tout est réglé pour la réparation le lendemain. Photo: Alex Medwedeff

Donc le matin suivant, un petit avion passe par dessus le camping, avec notre pièce à bord! Ce qui est moins marrant: Citroën livre la pièce sans le bouchon de la purge et celui-ci s’était bien sûr envolé dans le sable de la piste. Un bouchon de valve de pneu fait plus ou moins l’affaire, même si le filetage ne correspond pas. Nous tiendrons la chose à l’œil, mais cela fera l’affaire encore quelques années.

Ce sera notre seule panne en Islande. Nous apprenons donc qu’il faut un minimum de préparation du véhicule pour partir en Islande. Il faut vraiment fixer tout ce qui bouge, ce qui peut bouger ou ce qui peut commencer à cogner quelque part. Passer sur les pistes islandaises est différent de quelques mètres sur des chemins forestiers. D’une part ces portions de piste sont beaucoup plus longues. D’autre part on passe sur du sable, des galets ou carrément des rochers, ce sont des sols durs où les pneus et les suspensions travaillent sérieusement.

Ces parties inutilement mobiles se trouvent dans le compartiment moteur à ces niveaux:

  • Tous les caches en haut en en bas, toutes les parties plastiques autour du radiateur (guidages d’air).
  • Toutes sortes de tuyaux, conduites ou câbles flexibles qui bougent un peu dans les condition normales, mais qui peuvent se détacher et commencer à cogner sur les pistes islandaises.
  • Vérifier tous les bouchons et couvercles, notamment ceux qui ne sont que clipsés
  • Vérifier la fixation de la batterie, du boîtier à fusible, du boîtier à filtre d’air, enfin tout ce qui n’est pas massivement solidaire du moteur

Dans l’habitacle il y a moins de dangers, mais des vitres ou des portières mal fermées peuvent cogner et s’abîmer.

Côté mécanique il faut vérifier avant le départ: silent-blocs, suspensions (y compris ressorts, lames et barres de torsion), soufflets de cardan et de direction. Les diverses rotules souffriront, mais il est peut-être mieux de les changer après, une rotule usée grincera, mais de cassera pas tout de suite. En été les températures ne descendent pas au-dessous de -5°C.

Coucher de soleil à Höfn

Pour la petite histoire: les mots islandais ne se prononcent pas comme elles sont écrites. Ainsi “Höfn” se prononce “Heuppn”.

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