Deux parties inégales de la Guadeloupe

Je ne puis prétendre être un expert de la Guadeloupe ni des Antilles, je n’y suis allé qu’une seule fois jusqu’ici. Cependant je suis géographe et lors de mes voyages je cherche toujours les les sites les moins touristiques dans des destinations en somme très vouées au tourisme.

Les deux ailes du papillon

Le “papillon” guadeloupéen offre géologiquement, géomorphologiquement et morphologiquement deux parties inégales: l’une plate, calcaire (corallienne) et plus sèche, l’autre montagneuse, volcanique et plus humide.

La Grande Terre, à l’est, est la plate, l’effet de chaleur y est plus fort, pourtant les températures relevés y sont semblabes à celle de l’autre partie. Cet effet vient du manque de haute végétation et il est un peu compensé par le vent. Il rafraîchit, mais cet effet est traître, le soleil brûle la peau tout autant. En arrivant en avion nous nous étions demandé où les quelques 500 personnes de l’avion allaient se déverser (et il en a plus de cinq de cette taille atterrissant tous les jours à PTP). Il restent en très grande partie sur la Grande Terre et là particulièrement sur la côte sud de Grande Terre.

La (dite) Basse Terre est plus verdoyante, le volcan de la Soufrière dépasse de loin les 1000 mètres d’altitude et beaucoup d’autres collines dépassent les 400 mètres. Rien que 200 mètres suffisent pour avoir des températures plus fraîches durant la nuit (22 contre 30°C la journée au mois de février). Sur le sommet de la Soufrière, dénudée de forêt, on peut même avoir froid durant la journée. Le soleil n’est cependant pas moins fort, il faut prévoir les protections maximales à toutes les altitudes. Ici il y a moins de touristes car cette partie de l’île est moins accessible, les plages sont plus petites et les grands hôtels manquent.

Les parties qui sortent du schéma

La séparation des deux parties n’est finalement pas si nette, même pas sur le point purement géologique. Ainsi la côte de la partie nord de Basse Terre présente les mêmes bancs calcaires que la Grande Terre. C’est tout aussi plat et chaud qu’à Port-Louis sur Grande Terre. Le cap nord de Grande Terre, la Pointe de la Grande Vigie forme une côte haute 70 mètres et ça rappelle presque la Bretagne. Toute la Grande Terre est un plateau calcaire.

En matière de centres urbains il y en a bien plus en Grande Terre et le centre majeur, avec ces bouchons monstres, est Pointe-à-Pitre. Mais la ville de Basse-Terre présente les mêmes symptômes, même si c’est en bien moindre envergure.

Puis il y a aussi des déserts humains dans les deux parties. Bien sûr tout la parte montagneuse de Basse Terre, mais aussi tout le centre de Grande Terre ainsi que les parties côtières en dehors des villes.

La partie sud de Basse Terre sort aussi du schéma, c’est vraiment la montagne, les routes sont plus tortueuses au sud de la route de la Traversée. C’est définitivement la partie la plus calme de toute la Guadeloupe si on éclipse la ville de Basse-Terre. Il y a ici bien moins de plages (uniquement côté est autour de Trois-Rivières), ici se trouvent les “habitations” encore exploités et les parties montagneuses les plus sauvages de toute l’île (notamment les Monts Caraïbes).

La Basse Terre est aussi divisée en partie est et ouest. Les vents venant de l’Atlantique sont chargés d’humidité et rendent cette partie est plus humide. Sur l’autre partie, appellée “la côte sous le vent” règne l’effet du foehn, chaud et (plus) sec. Cela va si loin que la côte rocheuse au sud de Bouillante ressemble en saison “sèche” (le carême) à la Côte d’Azur en été, avec herbes sèches et végétation adaptée à la situation aride. On voit ici même des iguanes, qui se trouvent normalement plutôt sur la Grande Terre ou sur la Désirade.

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