Expédition Andrée disparue dans les glaces

Un vrai voyage dans la série des Livres de voyages anciens.


Adrian Mohr

Svalbarð, Océan Atlantique

Période des voyage 1896-1897, date de parution 1930. Original allemand.

Environ 120 pages, illustré en photos. Documentation de l’expédition en aérostat vers le pôle nord par Salomon August Andrée. Titre allemand: “33 Jahre verschollen im Packeis”, Textes anglais et suédois sous d’autres formes disponibles.

Version numérique sous divers formats en allemand: 33 Jahre verschollen im Packeis. Il ne semble pas exister de version libre en anglais.

Ce livre retrace de manière assez nationaliste et héroïque l’expédition en aérostat vers le pôle nord. Le livre, l’expédition et le personnage sont curieux. Cette expédition était unique par son moyen de locomotion en ballon, elle a été un échec cuisant et pour finir les membre de l’équipage sont restés introuvables 33 années durant. Lors de la découverte de leurs dépouilles en 1930, on a monté les membres de l’expédition en héros nationaux suédois. Cependant les prémisses météorologiques et techniques étaient complètement erronées dès le départ.

Salomon August Andrée se met en tête d’honorer sa nation dans la course vers le pôle. En effet, la Suède n’a rien à présenter à ce palmarès. Il expérimente longtemps avec des aérostat gonflés à l’hydrogène et trouve une manière de les diriger avec des longs câbles touchant le sol (servant en quelque sorte de quille) et des petites voiles sur les côtés du ballon pour dévier de la direction du vent. Il dit pouvoir se dévier ainsi d’une quinzaine de degrés, chose qui ne pouvait jamais être reproduit par la suite. Il trouve quand même les fonds nécessaires pour laisser construire un aérostat à Paris. On croit pourvoir résoudre le problème des fuites d’hydrogène avec plusieurs couches de soies imbibés d’un caoutchouc spécial. Mais dès le gonflement à Danskøya sur Svalbarð (Spitzberg), la perte d’hydrogène est énorme. Andrée cache ce fait. L’expédition ne peut pas partir en été 1896 parce que le météo est trop mauvaise. On fait agrandir le ballon et étancher l’enveloppe à Paris, mais on n’annule pas l’expédition.

Il revient en 1897 avec un aérostat plus grand, mais qui n’est pas plus étanche que l’ancien. On attend cependant les fameux vents du sud, devant porter le ballon vers le nord. Ces vents sont la deuxième erreur grave d’Andrée. Ils existent effectivement dans les fjords des côtes nord de l’Arctique, ce sont cependant des vents descendants qui arrêtent de souffler à quelques kilomètres de la côte. Il en est averti par Fritjof Nansen en personne qui revient de trois années passés dans les glaces dans cette zone. Mais Andrée ignore cet avertissement.

Son ballon part le 11 juillet et il est emporté en direction nord-est. Au décollage, il perd les câbles destinées à le guider. Dès les premiers jours, il perd de l’altitude à cause de la fuite d’hydrogène. Trois jours après, il est forcé de se poser sur la banquise, le ballon ne les porte plus. À ce moment, les hommes avaient balancé la plupart des vivres et du matériel par dessus bord. Ils ont franchi un peu plus de 2° vers le nord et 4° vers l’est en faisant une grande boucle le dernier jour de vol. En deux mois ils arrivent à rejoindre une île de la Terre François-Joseph, mais y périssent quelques jours plus tard pour des raisons inconnues.

Des recherches sont lancés, mais durant leur vol ils avaient lâché des pigeons voyageurs et des bouées avec des messages encourageants et des coordonnées erronées. Leur abri très bas est vite couvert par la neige et le reste durant 33 ans. Divers équipes de recherche et des expéditions marchent directement sur le site, mais ne reconnaissent rien. Des pêcheurs découvrent 33 ans plus tard des débris de bois et les os rongés par les ours et le renards polaires.

Le Lac Siljan dans le sud de la Suède est le type de terrain où Andrée avait fait ses expériences en ballon. Vue de 2014.

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