Journal du corsaire Jean Doublet

Un vrai voyage dans la série des Livres de voyages anciens.


Jean Doublet

Océan Atlantique, Mer Baltique, Afrique de l’Ouest, Terre Neuve

Période des voyages 1663-1711, date de parution 1887. Original français.

Environ 280 pages, pas d’illustrations. Édité à Paris en 1887. Titre complet: “Journal du corsaire Jean Doublet de Honfleur, Lieutenant de frégate sous Louis XIV,  publié d’après le manuscrit autographe, avec introduction, notes et additions par Charles Bréard”. L’introduction est en français moderne, le texte principal a été corrigé sommairement au 19e siècle, mais reste plein de fautes, presque tous les mots apparaissent au fil du livre sous diverses formes orthographiques des plus originales. Les phrases peuvent être extrêmement longues.

Version numérique sous divers formats: Journal du corsaire Jean Doublet de Honfleur, lieutenant de frégate.

Il s’agit d’une translittération des livres de bord faite par ce capitaine de navire lors de sa retraite et sur demande de sa famille. Jean Doublet n’a jamais été à l’école et ce texte n’était pas destiné à être publié. Cependant en lisant de manière vocale, on arrive assez bien à suivre le fil de cette longe épopée par les mers et par les guerres. En gros, il décrit sa vie qui est axée sur ses voyages au long cours entre Honfleur et ses destinations marchandes et stratégiques allant de la Terre Neuve à la Mer Méditerranée, à la Mer Baltique, aux Caraïbes, aux Açores, et aux côtes de l’Afrique de l’ouest pour la traite négrière.

Signature de Doublet

Il n’est pêcheur et marchand qu’aux heures creuses (donc en temps de paix) et arrive même durant ces temps à se chamailler avec les pirates maghrébins. Il décrit ces périples comme son quotidien, mais chaque départ est une expédition périlleuse et les morts se comptent par dizaines à chaque fois. Il coule plus d’un navire dont il est en charge. Miraculeusement, il survit à chaque assaut, même en se chargeant d’expéditions hasardeuses pour le compte du roi de France.

C’est en cas de guerre qu’il accumule sa gloire non sans prendre beaucoup de risques. Dans ce livre est clairement décrit le fonctionnement du système des corsaires: ce sont des entreprises privés qui s’arment et qui chassent tout navire de nation ennemie. Ils ont une règle de conduite qui se résume à ne pas tuer les équipages adverses et à les ramener sur terre (les morts et blessées lors des abordages ne comptent pas). Le butin doit être ramené en France (pour les corsaires français) où il est inspecté puis partagé entre l’état et le corsaire. En cas de bavure, le navire est restitué (même en cas de guerre). Cette guerre commerciale privatisée a pour conséquence que tous les navires de ce temps sont armés de canons, même les simples navires de marchandise.

Claude de Forbin et Jean Bart capturés en 1689 au large des côtes anglaises.

Tour de Belem, que Doublet a reconnu en appareillant sur le Tage

Château de Kronborg, où Doublet paye ses droits de passage dans le Sund

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