En Italie en camion aménagé en hiver

Valable toute l’année

La France et et l’Italie sont les des seuls pays où dormir dans un camion est expressément autorisé au niveau national. Des restrictions peuvent cependant être prononcées: en Italie cela vaut par exemple pour la plupart des petites îles, presque toute la côte de Sardaigne et plusieurs autres sites très touristiques. Cette réglementation n’est pas forcément tourné vers le camions aménagés et restant discrets, il s’agit surtout d’enrayer la prolifération massive des grands camping-cars.

Des barres au parkings se trouvent plutôt en ville.

En hiver

La situation est semblable à la France du point de vue de la législation, sauf qu’en hiver, l’exécution des rares interdictions est quasiment inexistante. Il y a cependant plus de camping-cars (italiens et touristes) et sur les sites très prisés, on ne sera pas seul.

Notre trafic au bord sur l’Arno à Laterina.

Une différenciation suivant grandes régions se trouve plus bas.

La mobilité motorisé des italiens

L’Italie est pénible la nuit sur des zones à 10km autour des villes et villages. Des jeunes viennent faire des tours en mobylette ou en fiat pour y faire grincer leurs pneus justement aux endroits que nous sommes tentés de choisir. Ils viennent peu avant minuit et jusqu’à 4h du matin, c’est donc totalement incompatible avec le sommeil du campeur en camion classique. Cela va augmentant vers le sud et cela est complètement indépendant des saisons. Cela augmente même lors des fêtes de fin d’année et à pâques. Par contre, ils ne semblent pas aimer les culs-de-sac et les pistes avec trop de sable.

Un autre phénomène typiquement italien, que l’on retrouve cependant aussi ailleurs, mais qui est moins pénible, sont les amourettes en voiture. Ce sont souvent des petites voitures ou des berlines qui viennent se garer à une dizaine de mètres de ton camion. Ils papotent et après quelques temps les vitres s’embuent sous leurs agissements sexuels. Après 15 à 30 minutes ils repartent. Cela se passe de la tombé à la nuit jusqu’à minuit, on n’entend pas plus que la voiture arriver et repartir. C’est assez indépendant des saisons.

D’autres viennent seuls, en couple ou en famille, aussi sans sortir de la voiture et par toute saison. Ils regardent la mer, la nature, que sais-je. Cela arrive aussi durant les fêtes et j’ai eu le cas désagréable sur un site en Sicile le 24 décembre, soirée où j’espérais ces gens en famille. La seule explication que j’ai pu trouver à ce phénomène est l’extrême exiguïté de leurs appartements et leur affection à l’automobile. Ils vont donc faire un tour en voiture (sans sortir de celle-ci). Pareil, pas de nuisance hormis le bal incessant des voitures, mais cela peut suffire à ne pas fermer l’œil.

Puis l’Italie est un pays de chasseurs et de pêcheurs. Il faut reconnaître que ces gens sont très respectueux et extrêmement silencieux quand ils arrivent tôt le matin,  mais j’ai déjà eu plusieurs fois la surprise de me retrouver entourer de voitures et/ou d’hommes en kaki quand je sortais le matin de mon camion. Aucune gêne donc, mais il faut savoir qu’en Italie toute voie carrossable, si mauvaise soit elle, est fréquemment pratiqué de manière motorisée par toutes sortes d’individus.

Barrages et interdictions saisonnales

Certains barrières peuvent être gênantes. D’énormes parkings, certes peu charmants, mais vides, peuvent être complètement barricadées. Beaucoup d’aires privées de camping-cars sont barricadées et parfois il faut vraiment rester en pleine rue comme ici au Lido Rossello à Agrigento.

Ces barrages concernent aussi les routes fermées en hiver. On peut presque toujours passer, mais souvent cela ne mène pas loin, une avalanche ou une coulée de boue barre la route et elle n’est remise en état qu’au début de l’été.

Campings en hiver

Les campings ouverts sont extrêmement rares. On ne peut pas se fier aux panneaux allumés et aux drapeaux en bordure de route, cela ne veut pas forcement dire que le camping est ouvert. Dans le plus fréquent des cas les gérants n’ont pas enlevé les drapeaux et ont laissé les panneaux illuminés. Mais il y a aussi le cas de camping potentiellement ouvert, avec un gérant présent, mais qui ne veut pas ouvrir pour un seul client, peu importe à quelle distance se trouverait éventuellement un autre camping ouvert.

Il ne vaut pas la peine de vérifier les périodes d’ouverture sur les sites internet des campings italiens, ces informations ne sont presque jamais à jour. Cette information peut être fausse dans les deux sens: fermé quand annoncé ouvert ou ouvert quand annoncé fermé. Si on cherche quand même sur internet, il faut chercher le terme listino et/ou prezzi, on y trouve les tarifs et parfois on peut en déduire les périodes d’ouverture. Les campings italiens restent cependant une vraie loterie en hiver. Quelques nombres de campings ouvert en décembre: 4 en Sicile et 3 en Sardaigne, les chiffres comptent à chaque fois pour toute l’île.

Les campings dans le sud de l’Italie (au-delà de Naples) n’ont pas d’installations hivernales pour les salles d’eau, même s’ils ont ouvert. Ils appliquent aussi souvent le système de douche payante et minutée. Il fait donc 5°C dans la cabine de douche extérieure bien ventilée, on met son jeton pour l’eau chaude et pendant deux minutes, on attend le réchauffement de l’eau. Quand l’eau chaude arrive peu à peu, il reste une minute pour tout exécuter, toujours à 5°C. Quand je me plains à la réception, on y feint ne rien comprendre.

L’Italie continentale

La botte italienne est singulièrement divisée en deux zone climatiques en hiver. La limite est Naples. C’est au sud de Naples que règne un vrai climat méditerranéen. Le problème plus loin au nord et la brume persistante qui empêche tout rayon de soleil de passer. Rome en hier c’est comme à Reims, toute la Plaine du Pô comme en Bourgogne. Sur toutes les parties montagneuses règne un hiver sévère avec de la neige. Cela vaut aussi pour le sud, y compris les îles.

Durant les fêtes de fin d’année, les jours fériés peuvent assez mal tomber et il est difficile de approvisionner en aliments de base comme le pain. Il m’est arrivé de manger quelques jours du panetone au lieu de pain.

Sur un tour en décembre 2012 passant par Arezzo, Rome, le Cilento, la Côte Tyrrhénienne, Monopoli, Gargano, la Côte Adriatique et Ferrare on avait trouvé seulement trois campings ouverts.
Les belles places pour se poser librement sont quand même rares, surtout les silencieuses. Plus on va au sud, plus la côte devient belle et plus elle est soit bétonnée soit barricadée. On a vu des vingtaines de kilomètres de plage interdite d’accès car d’innombrables campings s’y alignent (tous déserts bien sûr). Point positif: il y a des points d’eau presque partout.

Notre Trafic dans le Parc National du Monte San Bartolo

La plupart des station d’essence sont automatisées et ne prennent que des cartes italiennes (visa ne passe pas). Il faut donc se munir d’argent liquide et les distributeurs de billets sont bien plus rares que les stations d’essence. Souvent les appareils ne prennent que des billets de EUR10,-.

La Sardaigne

Dans les années 1980, la région autonome de Sardaigne avait voté une loi interdisant les constructions d’habitations plus près que 500 mètres du rivage. C’est très bénéfique en matière de nature et aussi pour les accès en camion, car les italiens font presque tout ce qu’il peuvent en voiture, peu importe l’état de la route ou de la piste. La Sardaigne est donc le paradis pour se poser en pleine nature. Bien sûr la pression est forte, la nature veut être protégé et on ne peut plus aller partout, la plupart des routes sont encore ouvertes à la circulation mais elles sont garnies de panneau interdisant à peu près tout (en général le camping et l’arrêt). Durant la saison touristique, ces interdictions sont aussi exécutes, il ne reste plus beaucoup d’endroits pour se poser légalement sur la côte.

Cependant en hiver et hors saison (en gros fin octobre à mars), tous ces panneaux d’interdiction peuvent être ignorés, les locaux les ignorent aussi pour aller à la pêche, à la chasse ou simplement pour aller faire un tour (ce qui signifie que le coin tranquille toute la journée n’existe pas sur la côte, même en plein hiver). Nous avons même eu la visite de la police non pas pour nous chasser mais pour nous indiquer de ne pas faire de feu à cause du vent. À coté d’une cinquantaine de places accessibles en camion normal et vraiment grandioses pour se poser, il y a aussi une multitude innombrable de parkings de plage déserts en hiver pour passer la nuit. Il faut cependant faire attention à ne pas prendre de place trop près d’une ville ou d’un village, surtout le weekend ou lors de fêtes, voir plus haut pour les raisons.

Pour les places dans un décor naturel grandiose, il faut en général ne pas hésiter à maltraiter la mécanique, aussi les buissons durs pourront rayer la peinture vu que les italiens ne passent qu’en Fiat Panda. Ce sont les endroits où les gros camping-cars ne passent plus, mais où les petits camions aménagés passent encore. En hiver, il faut parfois passer des trous remplis d’eau de pluie longs d’une vingtaine de mètres et profonds de 30cm, sur la côte ouest il y a aussi des gués. Cependant nous n’avons rencontré que très peu de boue handicapant les non-4×4 sur les pistes côtières. Sur ce genre de piste, il est rassurant de voir des traces de pneus étant passé avant et c’est presque toujours le cas. Parfois les pistes peuvent avoir un aspect boueux, mais nous avons souvent eu le cas de gros graviers au fond des flaques d’eau, même s’il y a des zones plates sur la côte, le fond est en général rocheux. Par contre à l’intérieur du pays, il ne faut pas s’aventurer sur les chemins agricoles, on reste planté après 5 mètres.

La Trafic à quelques mètres de la plage du Capo Malfatano. Photo: Alex Medwedeff

À quelques reprises, nous avons aussi planté une petite tente, cela n’a jamais posé de problèmes. Il faut cependant savoir que contrairement à dormir dans un véhicule, dormir dans une tente ou une caravane est interdit hors campings en Italie. Cela explique aussi que les Italiens ont presque tous des camping-cars mais très peu de caravanes.

La tente installée au Capo Malfatano. Photo: Alex Medwedeff

La côte ouest est assez constamment ventée, la côte est plus souvent sous les nuages. L’intérieur des terres est montagneux et on gagne vite en altitude. De ce fait la température peut passer sous 0°C dès novembre. Ce n’est pas souvent le but recherché en voyageant dans le sud en hiver.

Avant notre départ en décembre 2013,  j’avais scruté des listes de campings de Sardaigne quant à leurs dates d’ouverture. Je suis resté avec 8 campings potentiellement ouverts d’après leur sites internet. Soit c’est marqué en clair (rare), soit la liste des prix s’étale sur toute l’année. Sur les six campings qu’on a approchés et qui auraient dû être ouvert: 2 était fermés, 2 ouverts mais nous refoulant car pas assez de clients, 1 ouvert normalement, 1 ouvert après avoir trouvé un numéro de téléphone et quelqu’un qui appelle pour arranger l’ouverture de la grille d’entrée (pas facile en pleine nuit). Et le plus embêtant dans tout ça: il est impossible de voir de la route si un camping est ouvert ou fermé. Même les très rares campings ouverts ne signalent en rien leur ouverture sur la route, tous ont des drapeaux fanés dehors.

Les deux campings finalement ouverts (Nurapolis à l’ouest et Le Cernie à l’est) avaient avec nous 3 clients par nuit.

Notre emplacement au Camping Nurapolis.

Sicile

Quelques points négatifs

Bien que ce soit une île semblable à la Sardaigne par sa taille, ce n’est pas le cas pour sa population, elle est cinq fois plus grande en Sicile. La conséquence est une plus forte construction, plus de monde en voiture à toutes les heures et à tous les endroits. L’état des routes extrêmement déplorable et le signe flagrant de la corruption: il y a des petits villages avec des rampes d’autoroutes pour accéder, mais avant et après ce sont des tronçons à une voie défoncée. Il faut vraiment faire attention sur toutes les routes hormis les autoroutes indiquées comme telles. Il y a partout des es chiens. Les errants, en nombre enorme, sont inoffensifs même s’il y a des grands parmi eux. Les emmerdants: les pauvres enfermés à garder quelque maison et qui aboient toute la nuit, en campagne ou en pleine ville.

Les campings n’ont que des installations estivales, même s’ils ont ouvert en hiver. Les services d’ami privé-public sont généralisés: parking payant et navettes pour 3 visiteurs par jour alors qu’il y a un parking assez grand juste à côté de l’entrée. On trouve aussi des faux gardiens de parking sur parkings publics sous l’œil bien-veillant des Carabinieri.

Le phénomène dégoûtant des décharges sauvages se voit en Sicile malheureusement souvent. Non seulement il n’existe aucun civisme à se niveau, mais ce sont aussi les ramassages d’ordures qui ne fonctionnent pas. Cela se passe souvent autour d’une grande poubelle, mais elle n’est pas vidée. Parfois ces déchets s’enflamment ou sont volontairement mis en flammes par des riverains excédés. Cela peut être près de grands hôtels fermés en hiver, près de grandes plages ou dans une grande réserve naturelle. En voyage, nous avons des sérieux problèmes à nous débarrasser correctement de nos propres déchets.

Décharge sauvage près de la Riserva naturale Foce del Fiume Belìce e dune Limitrofe

L’approvisionnent en eau est parfois difficile, il y a un cruel manque d’eau en Sicile et presque toutes les maisons ont des réservoirs sur le toit pour pallier aux coupures d’eau. Beaucoup de robinets visibles sont donc condamnés

Les points positifs

Il fait plus chaud que par tout ailleurs en Italie en cette saison, bien que le vent puisse être pénible sur toutes les côtes exposées vers l’ouest. Il y a plus de campings ouverts qu’ailleurs (environ 10 en décembre sur toute l’île).

Les sites archéologiques dépassent de loin ce que l’on peut voir ailleurs. Pour voir des vestiges grecs en parfait état, c’est en Sicile qu’il faut venir.

Les Siciliens sont partout et toujours aimables, aucune rencontre désagréable, ils surpassent à ce niveau même les Italiens qui sont déjà maîtres en la matière. Le laisser-faire est grandiose et facilite franchement la vie en camion. Contrairement à d’autres régions visités en Italie, on n’avait pas de problèmes d’approvisionnement en vivres durant les jours de fête. Cela peut être dû au grand nombre d’habitants.

Le trafic et le Golfe de Macani

L’Île d’Elbe

Le camping sauvage est en principe interdit sur toute l’île, qui forme de plus un parc national dans son ensemble. En saison (avril à mi-octobre), il y a suffisamment de campings de tous niveaux ouverts. En saison il y a beaucoup de monde et les contrôles doivent être conséquents, car on ne voit pas de camions ou campings-cars posés la nuit hors des campings. Hors saison il y a quand même pas mal d’habitants à l’année et beaucoup de maisons restent habitées.

Je n’ai jamais campé en hiver sur l’île, mais la connaissant de fond en comble parce que j’y suis un auteur d’un guide de randonnée, je peux dire qu’il doit être possible de se poser Mais il faut se satisfaire des rares places possibles, il faut rester très discret et changer de place tous les jours. La zone la plus sauvage et potentiellement possible est la presqu’île de Capoliveri au sud-est de l’île, elle n’est accessible que sur des pistes en terre et peu habitée.

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